Le sténopé en numérique

Sténopé
Sténopé

Aujourd’hui la photographie au sténopé fait partie d’un genre bien particulier, celui de la photographie alternative. Dans ce genre, nous retrouvons les techniques de gomme bichromatée, les virages, les transferts, la lomography, etc.
Qu’il est étonnant de penser que la première technique de prise de vue, celle au sténopé, soit devenue une technique alternative !

Qu’est-ce que le sténopé
Sténopé est le nom du trou de très faible diamètre qui permet l’entrée de la lumière dans la chambre photographique (pour les plus jeunes, dans l’appareil photo). Le diaphragme est en quelque sorte un sténopé variable.
C’est-à-dire que lorsque nous réalisons de la photographie au sténopé, nous remplaçons l’objectif de notre appareil photo par une plaque de très faible épaisseur avec en son centre un tout petit trou appelé sténopé (Illustration 1).

Illustration 1 : Sténopé réalisé dans une plaque d’aluminium, elle-même collée dans un bouchon d’appareil photo, préalablement découpée.

Histoire
L’ancêtre des appareils photo à sténopé est la Camera Obscura (chambre noire) qu’utilisait les peintres pour reproduire des scènes de la vie ou des paysages (illustration 2). Wikipedia nous indique : La Camera Obscura permet d’obtenir une projection de la lumière sur une surface plane, c’est-à-dire d’obtenir une vue en deux dimensions très proche de la vision humaine. Elle servait aux peintres avant que la découverte des procédés de fixation de l’image conduise à l’invention de la photographie.
L’image projetée à l’opposée du sténopé est inversée (illustration 3)

illustration 2 : Camera obscure des peintres

On retrouve le même principe avec nos appareils reflex contemporains. L’image traversant l’objectif arrive inversée sur le capteur numérique (ou la pellicule en argentique). Un prisme placé dans l’appareil photo, nous permet dans le viseur d’avoir l’image rétablie

Illustration 3 : principe du sténopé

La Caméra Obscura des peintres a évoluée en appareil photo, tout d’abord quand on a mis une surface sensible à la lumière sur la face opposée au sténopé, comme par exemple Nicéphore Nièce en 1827, réalisant ainsi la première photographie de l’histoire. (illustration 4). Puis, en y apportant des lentilles de verre, pour arriver à ce que nous connaissons aujourd’hui : les objectifs.

Illustration 4 : photographie réalisée avec une Caméra Obscura

Aujourd’hui
La majorité des personnes réalisant la photographie au sténopé continuent, de nos jours, à fabriquer des boîtes noires (chambres noires) avec sténopé où ils déposent soit un négatif, soit une feuille de papier photo à insoler. Les temps de pose durent longtemps et les négatifs, tout autant que les papiers doivent être développés (chimiquement). Illustration 5

Personnellement, je pratique la photographie sténopé numérique. C’est-à-dire que j’ai remplacé l’objectif de mon appareil photo par un sténopé que j’ai fabriqué dans un bouchon de boîtier. L’avantage est que le bouchon se visse sur l’appareil sans laisser passer la lumière. Son inconvénient est qu’il est très épais, raison pour laquelle j’ai réalisé le stoppé dans de l’aluminium que placé en perçant mon bouchon. Illustration 6
Plus gros sera le Sténopé, plus l’image sera floue et plus petit sera le sténopé, plus l’image paraîtra nette avec très grande profondeur de champ. Mais attention, plus le sténopé sera petit, plus la pose sera lente.

Illustration 5

1 – Bouchon d’appareil photo + perceuse (diamètre forêt 7 mm)
2 – Perçage et ponçage du bouchon
3 et 4 -Préparation de la ‘plaque’ d’aluminium (rouleau d’aluminium adhésif)
4 – Installation de la plaque d’aluminium
5 – Réalisation du sténopé avec une aiguille
7 – Test photo avec sténopé de la largeur d’une aiguille
8 – Test photo avec sténopé de la largeur de la pointe d’une aiguille
9 – Photo brute au sténopé
10 – Photo retouchée sous Adobe Lightroom
11 – Adaptation d’un pare-soleil pour éviter les lumière parasites
12 – L’artiste (rires…)

Technique de sténopé numérique
Maintenant que nous avons réalisé notre sténopé, nous pouvons commencer nos prises de vues. Tout d’abord, il sera nécessaire de travailler sur trépied ou sur une surface plane où l’appareil ne bougera pas. Je conseille de réaliser le déclenchement au retardateur. Pour plus de précision, relever le miroir avant déclenchement pour les appareils qui disposent de cette fonction. Pour les mirrorless, bien entendu aucun problème de ce côté là, vous n’avez pas de miroir.

Personnellement je travaille en RAW, j’aime développer mes fichiers. Même si vous travaillez en jpeg, vous aurez besoin d’un logiciel de retouche pour enlever toutes les poussières qui se trouvent sur votre capteur (outil tampon, sparadrap…) et qui se verront sur vos photos (Illustration 6).

Illustration 6 : tâches sur capteur


Je travaille en mode manuel. Je règle ma sensibilité au minimum (sensibilité native de l’appareil photo) pour ne pas rajouter de bruit à mes images. Bien entendu, je n’ai pas d’indication de diaphragme à la prise de vue. Je règle la vitesse au jugé (je vérifie à l’histogramme). L’exposition en plein soleil est d’environ 1 seconde, pour des endroits moins lumineux on peut trouver des temps de pose de quelques minutes. C’est relativement court, par rapport aux temps de pose en argentique.

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Bien photographiquement !
Yann MATHIAS / www.etsionparlaitphoto.com



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